Une agriculture écologique favorable aux abeilles

Du point de vue de l’apiculture, l’agriculture industrielle a évolué négativement depuis la fin de la dernière guerre mondiale. Mais une prise de conscience de ses dérives les plus négatives commence à se faire jour. Le salut des abeilles viendra peut-être des évolutions positives que cette prise de conscience pourrait entraîner dans les années à venir.

Le concept d’agriculture écologiquement intensive, dû à l’agronome français Michel Griffon, est né d’un double constat. D’une part, celui des limites de l’agriculture intensive conventionnelle avec un plafonnement des courbes de rendement et de gros problèmes écologiques. D’autre part, celui de la courbe démographique toujours ascendante, avec plus de 9 milliards d’humains sur Terre en 2050, impliquant un accroissement conséquent de la production agricole. Il faut donc encore augmenter les rendements, mais en respectant l’environnement, les grandes lois écologiques et les grands équilibres, en un mot concilier productivisme et protection de la nature.

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Dans ce contexte, la nécessité de réduire l’utilisation des pesticides en trouvant des solutions alternatives qui imitent la nature, d’inventer une agriculture redevenant source de biodiversité, d’augmenter le couvert végétal permanent pour améliorer la ressource en eau, de transformer un sol devenu simple support de culture en sol fertile, autostructurant, autorégénérant impliquant des rotations plus complexes, devrait déboucher sur des solutions plus favorables aux abeilles, avec un environnement plus riche en ressources et moins chargé en molécules toxiques. Mais d’après son auteur, la mise en place de cette agriculture innovante ne peut être immédiate et nécessite une transition d’une dizaine d’années, à partir du moment où la décision de la mettre en place serait prise.

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L’une de ces solutions implique la remise en cause d’un des piliers de l’agriculture depuis au moins l’Antiquité : le labour. Il serait remplacé par des semis directs sous couverture végétale, qui, par l’emploi d’intercultures judicieusement choisies, pourraient procurer aux abeilles d’abondantes ressources en nectar et en pollen. De même, aussi bien contre les ravageurs que contre les « mauvaises » herbes, l’emploi systématique des pesticides serait remplacé par la lutte intégrée, qui vise à prévenir les dégâts pour les retarder au maximum afin de n’utiliser les pesticides qu’en dernier recours.

Visuel haut de page : © Vincent Albouy

Source : Un avenir pour nos abeilles et nos apiculteurs de Vincent Albouy et Yves Le Conte, paru aux éditions Quæ

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