hibernation de la chauve souris

Où les chauves-souris hibernent-elles ?

L’hibernation des chauves-souris se déroule dans des endroits différents selon les espèces. Grenier ou cave pour la plupart, parfois, elles nous surprennent dans des endroits insolites !

Entrer dans l’univers hivernal des chauves-souris, c’est pénétrer dans un monde où tout paraît figé et silencieux. Seul le ruissellement de quelques gouttes d’eau se fait entendre alors que le temps semble s’être arrêté dans le reste de la cavité.

Même le Petit Murin à moustaches caché derrière une draperie paraît minéral tant la condensation l’a enveloppé d’une multitude de gouttelettes d’eau. Notre intrusion, dans cette ambiance de torpeur, est inopportune. On a peur que le moindre de nos bruits, de nos souffles, de nos faisceaux lumineux ne perturbe et réveille le souterrain. Car le silence ambiant n’est qu’un sommeil. Ces Petits Rhinolophes que l’on voit isolés les uns des autres, enfouis dans leur patagium ou ces Minioptères regroupés au contraire en essaim assez dense, mais aussi ces Murins de Natterer tout au fond d’une fissure, ne font en effet que dormir du profond sommeil de l’hibernation à l’abri du froid, de la lumière et des prédateurs. Il faut être sûr de la nécessité de pénétrer dans une grotte en hiver pour ne pas risquer inutilement un dérangement dommageable. Quand on y est, on avance lentement.

La température est douce par rapport à la température extérieure et le paysage enneigé qu’il a fallu parfois traverser pour arriver jusqu’à la grotte; elle est au moins tamponnée et soumise à de faibles variations. En dessous de –4°C, c’est la mort assurée pour les chiroptères qui ne se seront pas réveillés à temps.

Certaines espèces sont plus frileuses que d’autres : les Barbastelles ne sont pas gênées par un froid vif alors que le Grand Rhinolophe préfère une cavité tamponnée à 7 ou 8°C et que le Rhinolophe euryale va mal supporter une cavité où la température descend en dessous de 11°C. C’est pourquoi en hiver, on le trouve surtout dans le fin fond des vastes réseaux karstiques méridionaux.

Le taux d’humidité dans l’air est aussi un caractère important pour le choix d’une cavité hivernale. Les chauves-souris ont plutôt tendance à chercher des taux proches de la saturation. On le comprend quand on sait qu’une chauve-souris va perdre deux fois moins vite ses réserves à 100 % d’hygrométrie qu’à 80%. Mais là aussi les exigences sont variables d’une espèce à une autre: alors que le Grand Rhinolophe et le Murin de Daubenton cherchent une atmosphère saturée, le Rhinolophe euryale se suffit d’une hygrométrie de 70%.

Chaque espèce a ses exigences pour l’hiver qui ne sont bien sûr pas les mêmes pour les gîtes de transit, de mise-bas ou de regroupement automnal. C’est pourquoi il y a à chaque saison un gîte différent. Si la grotte est l’univers d’hibernation de la chauve-souris par excellence, on en trouve dans bien d’autres habitats.

grotte de chauve-souris

Le Minioptère, les Rhinolophes, la plupart des Myotis et en particulier le Murin de Natterer sont parmi les espèces les plus fidèles aux cavités naturelles. On les retrouve toutefois dans des gîtes qui miment les grottes: mines, tunnels, carrières souterraines… La moindre petite grotte, caverne, abri rocheux ou même terrier de blaireau peut abriter un Petit Rhinolophe en hibernation, en espérant dans le dernier cas que le terrier soit abandonné par le carnivore… Le Petit Rhinolophe se retrouve aussi dans le bâti, on dit qu’il passe du grenier l’été, à la cave l’hiver. Car le bâti peut en effet avoir des qualités favorables à l’hibernation. Regardez les Pipistrelles qui se faufilent derrière les tableaux des églises non chauffées ou encore ces Sérotines qui se cachent derrière l’isolation de la maison. Et puis il y a les adeptes des micro-cavités, comme les fissures des falaises où l’on trouve le Vespère de Savi et le Molosse de Cestoni, ou encore les cavités les mieux isolées des arbres avec les espèces forestières. C’est le cas des Noctules et de la Pipistrelle de Nathusius. On y trouve des espèces ubiquistes qui s’installent aussi dans les grottes : Barbastelle, Murin de Bechstein, Murin à moustaches… Et puis il y a des milieux plus insolites. Je me souviens de cet Oreillard dans le tas de bois de chauffage chez mes parents et ce Petit Rhinolophe entre deux bouteilles dans une cave à vin… On a trouvé un Oreillard au sol dans un éboulis en Scandinavie ! La Ligne Maginot est un site de première importance pour l’hibernation des chauves-souris de Lorraine…

Des endroits insolites, c’est sûr, mais n’importe où: certainement pas !

Source: Les chauves-souris ont-elle peur de la lumière ? 100 clés pour comprendre les chauves-souris de François Prud’homme, paru aux éditions Quæ

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2 réflexions au sujet de « Où les chauves-souris hibernent-elles ? »

  1. Bonjour, j’ai eu la récente visite de chauve-souris dans mon appartement, elle venue une première fois et passée la nuit puis elle revenue plus longtemps.. Et là je viens d’en revoir une qui tentait de rentrée chez moi, j’ai laissé ma fenêtre entre ouverte et mon store roulant à vraiment quelques centimètres ça lui à suffit pour passer. Je voudrais savoir réellement pourquoi elle revient toujours ? Et pas l’air d’être stresser d’être entre ma fenêtre et mon store.

  2. depuis plusieurs mois deux petites pipistrelles venaient se réfugier derrière un volet, parfois même trois. Depuis ce matin, je ne les vois pas. Je pouvais les surveiller sans bouger le volet. Où sont elles parties ? ma maison se situe dans l’Eure.

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