Pourquoi certaines plantes sont-elles odorantes ?

Au printemps, la bonne odeur des fleurs embaume les jardins. Mais vous êtes déjà demandé d’où venait ce parfum ?

Pratiquement tous les végétaux possèdent une odeur qui leur est propre, mais que l’odorat humain ne peut souvent percevoir. Les parfums que développent les végétaux varient en fonction des conditions écologiques dans lesquelles ils croissent et des moments de la journée. Par ailleurs, tous les organes ne produisent pas d’odeur et l’odeur d’un même organe est différente selon que la feuille est fraîche, sèche ou froissée.

Racines, tubercules, écorces, fruit, feuilles peuvent stocker les molécules odorantes synthétisées dans des canaux sécréteurs, des cellules épidermiques, des poches sécrétrices et des poils sécréteurs périphériques.

La diversité des odeurs est liée aux processus dits de biogénèse aromatique, c’est-à-dire de fabrication de molécules organiques complexes. Ces molécules odorantes seraient de l’ordre de 25000. Pendant longtemps, on a pensé que les substances étaient des déchets inutilisables pour la plante. Actuellement, il semble que certains sucres pourraient être réutilisés et que ce stockage soit en partie une réserve. Le stockage dans l’appareil floral de ces molécules odorantes volatiles est essentiel pour attirer les insectes et constitue également, pour la plante, une protection contre ses nombreux agresseurs.

En effet, certains végétaux ont la possibilité de synthétiser des molécules volatiles de défense soit attractives (pour l’insecte prédateur du parasite attaquant la plante) soit répulsives (avec la production de tanins et certains alcaloïdes). Ces défenses végétales peuvent être présentes pendant tout le cycle végétal, même sans attaques, ou bien induites, c’est-à-dire produites en réponse à une attaque.

Compte tenu de leur perception par l’homme, certaines odeurs sont qualifiées de parfums. Il semble que toutes les civilisations les aient utilisées dans des rites divers. Certaines plantes, comme le jasmin, le muguet, le romarin, ont naturellement un parfum que l’homme n’a guère cherché à modifier.

En revanche, les créateurs de nouvelles plantes, au premier rang desquelles les roses, vont tantôt chercher à développer cette aptitude naturelle au parfum, tantôt la négliger en privilégiant d’autres caractéristiques, comme la floribondité ou la résistance aux parasites.

Source: Le jardin suit-il des modes ? 90 clés pour comprendre les jardins de Yves-Marie Allain, paru aux éditions Quæ

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