Une brève histoire des pesticides

Faites un petit voyage dans le temps pour savoir comment sont nés les pesticides.

L’histoire de la protection des cultures contre les ravageurs et les maladies est aussi vieille que celle de l’agriculture. Mais les paysans sont longtemps restés très démunis face à ce qui semblait des fléaux inévitables, dont l’origine apparaissait surnaturelle. Le mode de lutte le plus couramment employé en Europe au Moyen-âge contre la pullulation des chenilles et autres ravageurs des champs et des vignes n’était-il pas le recours à l’excommunication ?

Tout change dans la seconde moitié du XIXème siècle, quand apparaissent les premiers pesticides chimiques. Il s’agit de produits minéraux, comme le sulfate de cuivre et le soufre utilisés contre les maladies cryptogamiques, ou bien les huiles minérales et les sels d’arsenic contre les insectes. L’habitude de frotter la peau d’une pomme sur sa manche avant de la manger vient de cette époque, l’arsenic étant un poison violent aussi pour les hommes.

Ces produits minéraux sont rapidement complétés par des produits végétaux comme la poudre de pyrèthre (une fleur méditerranéenne de la famille de la marguerite), le jus de tabac riche en nicotine (un alcaloïde qui n’est pas toxique que pour l’homme), ou la strychnine, plus connue sous son nom populaire de « mort-aux-rats » et extraite de la racine d’une plante tropicale.

La plupart de ces molécules sont très toxiques pour les abeilles domestiques, qui peuvent être décimées quand elles visitent une culture en train d’être traitée ou venant d’être traitée. Si les premiers cas de mortalité d’abeilles suite à des traitements remontent aux années 1870 aux États-Unis, l’apiculture dans son ensemble ne souffre pas de cette nouveauté dans les champs. Ces pratiques restent encore très minoritaires. Elles ne concernent souvent que des cultures à haute valeur ajoutée comme les vergers ou la vigne, et ne sont adoptées que par la frange la plus moderniste du monde agricole.

Source: Nos abeilles en péril de Vincent Albouy et Yves Le Conte, paru aux éditions Quæ

abeilles et pesticides

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