L’activité physique, un booster anti-cancer

L’activité physique se définit comme tout mouvement corporel produit par la contraction des muscles qui augmente la dépense énergétique par rapport au métabolisme de base, c’est-à-dire par rapport aux dépenses énergétiques au repos.

Elle ne se réduit pas seulement à la pratique sportive, elle intègre l’activité effectuée dans la vie quotidienne, quand l’on monte les escaliers, que l’on marche dans la rue, que l’on jardine, que l’on fait le ménage…

Il y a activité physique et activité physique
L’activité physique est mesurée en MET (Metabolism Equivalent of Task). Un MET est égal aux dépenses énergétiques au repos, soit 1 kcal par kilogramme de poids et par heure. Ainsi, si je pèse 50 kg, je dépense au repos 50 kcal par heure, soit 50 MET, et par conséquent, 1 200 kcal par jour, soit 1 200 MET.

Une activité physique faible est de l’ordre de 1,6 à 3 MET (par exemple 4 km/h pour une marche lente), elle est modérée de 3 à 6 MET (6 km/h pour une marche rapide, le vélo ou la natation « plaisir ») et devient intense à partir de 6 MET (10 km/h pour la randonnée en moyenne montagne, le jogging, le VTT, la natation « rapide »). La sédentarité est pour sa part caractérisée par des activités très faibles comprises entre 1 et 1,5 MET (par exemple la lecture ou des activités « écran »). En France, seulement entre trois et cinq personnes sur dix ont une activité physique élevée (essentiellement les ouvriers, les agriculteurs et ceux qui ont des professions non sédentaires…).

Des centaines d’études ont été menées pour évaluer l’impact de l’activité physique sur le risque de cancer. Les données permettent de conclure qu’une activité physique régulière réduit sans contestation le risque de cancer du côlon, mais aussi celui du sein, de l’endomètre, du poumon. Pour ce qui est du cancer du côlon, les données sont très précises : 30 minutes d’activité physique de loisir par jour réduisent le risque de 12 %. L’impact sur le risque de cancer du sein et du poumon semble plus faible.

À noter que le manque d’activité physique et la sédentarité sont deux facteurs de risque de cancer indépendants. On peut très bien faire deux heures de sports intensifs par semaine, ce qui est très positif, et passer la plus grande partie du reste de son temps devant son écran d’ordinateur, temps pendant lequel la dépense énergétique est très faible. On parle de sédentaires actifs.

La lutte contre la sédentarité passe par exemple par le fait de se lever toutes les 20 minutes de devant son écran, pour remettre le corps en mouvement, et marcher, monter des escaliers pendant quelques minutes. Quand on est débordé, c’est précisément le sport, l’exercice physique, qui est sacrifié en premier. Par ailleurs, les citadins ont désormais des temps de transports très longs qui confisquent celui qui était consacré à l’exercice physique. Tout passe par des infimes changements dans la vie quotidienne mais qui ont un effet majeur : prendre les escaliers systématiquement plutôt que l’ascenseur ou les escalators, marcher plutôt que prendre les transports en commun, éviter la voiture pour des courtes distances…

Comment l’exercice physique nous protège-t-il ?
Plusieurs mécanismes sont là encore évoqués. En particulier, l’exercice aurait un impact favorable sur l’équilibre métabolique et hormonal, et la régulation de la prolifération cellulaire, donc sur les mécanismes impliqués dans la relation obésité-cancer. Ainsi l’activité physique réduit les niveaux d’adiposité, accroît la sensibilité à l’insuline et la captation du glucose par le muscle, diminue l’état inflammatoire chronique, avec une diminution de certaines cytokines (molécules, impliquées dans la réponse immunitaire, l’inflammation, qui jouent un rôle de messager) et de la synthèse des acides gras. L’activité physique diminue également le taux des oestrogènes circulant chez les femmes ménopausées.

Le manque d’activité physique favorise à l’opposé l’élévation de la glycémie et diminue la sensibilité à l’insuline, deux facteurs qui facilitent la cancérogénèse notamment des cellules coliques. Des facteurs inflammatoires induits par la sédentarité pourraient également jouer un rôle.

Source: Cancer, quels risques ? de Martine Perez, avec Béatrice Fervers (préface de Jacqueline Godet), paru aux éditions Quæ

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *