Les tortues marines peuvent-elles respirer sous l’eau ?

Les tortues marines, comme les autres espèces de tortues, ont un système respiratoire pulmonaire, donc aérien !

En termes d’évolution, ce système respiratoire correspond à une adaptation complète des tétrapodes à la vie terrestre. Les plus anciennes tortues vivaient sur la terre ferme. Certaines d’entre elles sont retournées à la mer — sans doute pour échapper aux prédateurs terrestres et pour exploiter de nouvelles ressources alimentaires — mais elles ont conservé les poumons de leurs ancêtres terrestres, tout comme les cétacés dont les ancêtres sont des mammifères terrestres.

Bien qu’elles passent l’essentiel de leur vie sous l’eau, les tortues marines doivent remonter régulièrement à la surface pour remplir leurs poumons. Cependant, leur métabolisme est parfaitement adapté au milieu marin. Elles se nourrissent sous l’eau et ingèrent de l’eau de mer, sans se noyer, en même temps que leurs aliments. Elles sont capables d’évoluer en apnée durant plusieurs dizaines de minutes entre deux respirations, notamment lors de la recherche de nourriture ou durant les phases de repos.

Outre la respiration pulmonaire, il existe des mécanismes de respiration auxiliaires propres aux tortues marines. Ainsi, la tortue luth peut rester plus d’une heure en plongée, en partie grâce à la récupération d’oxygène dissous dans certains de ses tissus, comme la peau ou les muqueuses du cloaque. Les tortues marines peuvent également réduire leur métabolisme afin de diminuer leurs besoins en oxygène, et rester ainsi plus longtemps sous l’eau entre deux respirations.

Elles ont nécessairement besoin de reprendre leur respiration à la surface. Alors vigilance ! Car parfois emprisonnées sous l’eau dans les filets de pêche, bon nombre d’entre elles meurent noyées, faute d’avoir pu respirer.

Visuel haut de page : De puissantes mâchoires pour cette tortue olivâtre. © Jérôme Bourjea, Hendrik Sauvignet et Stéphane Ciccione

Source : Les tortues marines de Jérôme Bourjea, Hendrik Sauvignet et Stéphane Ciccione, paru aux éditions Quæ

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